Le terme « swap » revient aussi bien dans les salles de marché que sur les plateformes de trading en ligne, avec des sens différents. Cet article distingue les deux, détaille le fonctionnement d’un accord de swap entre professionnels, puis explique ce que représente la ligne « swap » sur un compte de trading.
Qu’est-ce qu’un accord de swap ?
Un swap (« échange » en anglais) est un produit dérivé : sa valeur dépend d’un sous-jacent, comme un taux d’intérêt, une devise, une matière première ou un risque de crédit. Deux contreparties conviennent d’échanger, à des dates fixées, des paiements calculés selon des règles définies au départ.
Les paramètres d’un contrat comprennent : le montant notionnel (base de calcul), la durée, la fréquence des paiements, les indices ou taux de référence de chaque jambe, la devise et les conventions de calcul. Les swaps se négocient pour l’essentiel de gré à gré, entre institutions, souvent sur la base d’un contrat-cadre standardisé comme celui de l’ISDA. En Europe, le règlement EMIR impose des obligations de déclaration et, pour certains contrats standardisés, de compensation par une chambre de compensation.
Quels sont les principaux types de swaps ?
| Type | Ce qui est échangé | Usage principal |
|---|---|---|
| Swap de taux d’intérêt | Flux à taux fixe contre flux à taux variable, dans une même devise | Transformer un emprunt à taux variable en coût fixe, ou l’inverse |
| Swap de devises | Flux (et souvent capital) dans deux devises différentes | Financer une activité à l’étranger, couvrir un risque de change |
| Swap de matières premières | Prix fixe contre prix de marché d’une matière première | Stabiliser un coût d’approvisionnement (énergie, métaux) |
| Credit default swap (CDS) | Prime périodique contre indemnisation en cas de défaut d’un émetteur | Se protéger contre le risque de crédit |
Le swap de taux d’intérêt domine largement les volumes. Sa jambe variable est indexée sur un taux de marché, par exemple l’EURIBOR pour la zone euro ou l’€STR. Les anciens contrats référencés sur le LIBOR ont dû migrer vers de nouveaux indices après l’abandon progressif de ce taux.
Comment fonctionne un swap de taux d’intérêt ?
Prenons un exemple purement illustratif, avec des chiffres choisis pour la démonstration. Une entreprise a emprunté à taux variable et craint une hausse des taux. Elle conclut avec sa banque un swap sur le même notionnel que son emprunt :
- L’entreprise paie à la banque un taux fixe convenu à la signature.
- La banque verse à l’entreprise un taux variable (par exemple l’EURIBOR), qui compense les intérêts variables de l’emprunt.
- À chaque échéance, les deux montants sont comparés et seule la différence est payée par la partie débitrice (règlement net).
- Au final, le coût de l’emprunt de l’entreprise devient quasiment fixe : si les taux montent, le swap lui rapporte ; s’ils baissent, il lui coûte, mais son emprunt coûte moins cher.
Le notionnel sert uniquement de base de calcul : il n’est pas échangé dans un swap de taux. L’objectif est de rendre un budget prévisible, pas de parier sur l’évolution des taux. La logique est proche de celle du choix entre taux fixe et taux variable pour un particulier, présentée dans notre article sur la comparaison des taux de crédit.
Que signifie le « swap » sur une plateforme de trading ?
Sur le Forex et les CFD proposés aux particuliers, le swap (ou rollover) est un ajustement de financement appliqué lorsqu’une position à effet de levier reste ouverte au-delà de l’heure de clôture journalière du courtier. Il reflète principalement l’écart de taux d’intérêt entre les deux devises d’une paire (ou le coût de financement d’un CFD), auquel le courtier ajoute généralement sa marge.
- Selon le sens de la position et l’écart de taux, le swap peut être débité ou crédité.
- Il est calculé sur la valeur totale de la position, et non sur le seul dépôt de garantie : l’effet de levier l’amplifie.
- Certains courtiers appliquent un swap majoré un jour donné de la semaine pour tenir compte du week-end.
- Des comptes dits « sans swap » existent chez certains courtiers, souvent avec d’autres frais en contrepartie.
Pour un trader qui conserve ses positions plusieurs jours ou semaines, le swap cumulé peut peser lourdement sur le résultat. Il figure dans les spécifications de chaque instrument sur la plateforme du courtier. Notre article sur le Forex depuis le Maroc aborde d’autres aspects de ce marché.
Quels risques et quelles erreurs éviter ?
- Risque de contrepartie (swaps de gré à gré) : si l’autre partie fait défaut, les paiements attendus peuvent ne pas être honorés. Les garanties échangées (collatéral) et la compensation centrale le réduisent.
- Risque de marché : un swap de couverture peut avoir une valeur de marché fortement négative si les taux évoluent à l’inverse de l’anticipation. Le sortir avant son terme a alors un coût.
- Inadéquation avec le besoin : un swap mal calibré (notionnel, durée, dates) ne couvre qu’imparfaitement l’emprunt qu’il est censé protéger.
- Coûts cachés : marges intégrées au taux fixe, frais de sortie anticipée.
- Côté particuliers : les CFD et le Forex à effet de levier sont des produits complexes et risqués, sur lesquels une majorité d’investisseurs particuliers perd de l’argent selon les avertissements réglementaires affichés par les courtiers. Oublier le swap dans le calcul de rentabilité d’une position longue est une erreur fréquente.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) publie des mises en garde et une liste noire des sites non autorisés : vérifiez qu’un courtier est agréé avant d’ouvrir un compte. Pour se former aux mécanismes des marchés, voir notre article sur les formations en finance, et pour une approche de placement plus diversifiée, celui consacré aux ETF sectoriels. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.
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Questions fréquentes
Le montant notionnel d’un swap est-il échangé ?
Dans un swap de taux, non : il sert seulement de base au calcul des intérêts échangés. Dans certains swaps de devises, en revanche, les capitaux sont échangés au début et à la fin du contrat.
Un particulier peut-il conclure un swap de taux ?
Les swaps de taux sont surtout conclus par des banques, des entreprises et des investisseurs institutionnels. Un particulier y est rarement confronté directement ; il rencontre plutôt le « swap » sous forme de frais de financement sur une plateforme de trading.
Pourquoi le swap est-il parfois positif sur mon compte de trading ?
Le swap reflète l’écart de taux d’intérêt entre les deux devises ou le coût de financement de l’actif. Selon le sens de la position et cet écart, il peut être crédité, même si la marge du courtier le réduit souvent.
Quelle différence entre un swap et un contrat à terme ?
Un contrat à terme porte généralement sur un échange unique à une date future, souvent sur un marché organisé. Un swap organise une série d’échanges périodiques pendant toute sa durée, le plus souvent de gré à gré.
Le swap sert-il à spéculer ou à se couvrir ?
Il peut servir aux deux. Les entreprises l’utilisent surtout pour se couvrir contre une variation de taux ou de change ; des acteurs financiers l’utilisent aussi pour prendre position sur l’évolution des marchés, avec les risques correspondants.

