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Finance

Une assurance vie est-elle un bon placement ?

En bref — L’assurance vie est un bon placement pour une épargne de moyen ou long terme, pas pour une réserve de précaution à court terme. L’argent reste disponible à tout moment par rachat, et les gains ne sont imposés qu’au moment d’un retrait. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s’applique aux gains retirés. Le capital n’est garanti que sur le fonds en euros ; sur les unités de compte, il peut baisser. Les frais du contrat pèsent fortement sur la performance finale.

Placement préféré de nombreux épargnants, l’assurance vie a la réputation d’être à la fois sûre, rentable et fiscalement avantageuse. La réalité est plus nuancée : son intérêt dépend de votre horizon, du contrat choisi et de la façon dont vous répartissez votre épargne. Voici comment évaluer si elle correspond à vos objectifs.

Pour quels objectifs l’assurance vie est-elle adaptée ?

Le fonctionnement de base du contrat (souscripteur, assuré, bénéficiaires) est expliqué dans notre article qu’est-ce que l’assurance vie ?. Ici, la question est de savoir quand elle constitue un bon choix.

ObjectifL’assurance vie est-elle adaptée ?Pourquoi
Réserve pour les imprévusPeu adaptéeUn livret réglementé est plus simple, sans risque et non imposé
Projet à 3-8 ansOui, avec prudenceLe fonds en euros garantit le capital ; la fiscalité reste moins favorable avant 8 ans
Épargne de long terme, retraiteOuiFiscalité allégée après 8 ans, accès aux unités de compte
Transmission d’un capitalOuiDésignation libre des bénéficiaires et régime fiscal spécifique au décès
Rendement élevé sans risqueNonAucun placement ne combine les deux

Pour une épargne de précaution, voir plutôt notre méthode pour choisir un livret d’épargne.

Fonds en euros ou unités de compte : quel niveau de risque ?

Un contrat d’assurance vie peut accueillir plusieurs types de supports :

  • Le fonds en euros : le capital est garanti par l’assureur, en contrepartie d’un rendement généralement modéré.
  • Les unités de compte (fonds actions, obligataires, immobiliers…) : leur valeur varie, à la hausse comme à la baisse ; le potentiel de performance est plus élevé, mais le capital n’est pas garanti.
  • Les fonds euro-croissance : le capital est garanti à une échéance d’au moins huit ans.

La répartition entre ces supports détermine le couple rendement-risque du contrat. Vous pouvez la gérer vous-même (gestion libre) ou la confier à l’assureur selon un profil défini (gestion pilotée), moyennant des frais qu’il faut connaître. Pour vous documenter sur les supports et notamment les unités de compte immobilières, vous pouvez consulter http://assuranceviescpi.fr/.

Comment les gains sont-ils imposés ?

Les gains ne sont soumis à l’impôt sur le revenu qu’au moment d’un rachat, partiel ou total, et seule la part de gains contenue dans la somme retirée est imposée. Les prélèvements sociaux, de 17,2 %, s’appliquent aux gains. Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, les règles sont les suivantes :

Ancienneté du contratPrélèvement au moment du rachatImposition définitive
Moins de 8 ans12,8 % (acompte non libératoire)Prélèvement forfaitaire ou, sur option, barème de l’impôt sur le revenu
8 ans et plus7,5 % (acompte non libératoire)Abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple), puis 7,5 % jusqu’à 150 000 € de primes versées et 12,8 % au-delà

Les rachats consécutifs à certains événements (licenciement, mise à la retraite anticipée, invalidité, liquidation judiciaire) peuvent être exonérés d’impôt sur le revenu s’ils interviennent dans l’année qui suit. Ces règles datent de la réforme fiscale de 2017 : les contrats et versements plus anciens obéissent à des règles différentes, détaillées sur service-public.gouv.fr. La fiscalité en cas de décès relève d’un régime propre, également décrit sur ce site.

Votre argent est-il bloqué ?

Non. Contrairement à une idée répandue, le délai de huit ans concerne uniquement la fiscalité, pas la disponibilité. Vous pouvez à tout moment :

  1. effectuer un rachat partiel, qui ne met pas fin au contrat ;
  2. effectuer un rachat total, qui clôture le contrat ;
  3. demander une avance, c’est-à-dire un prêt consenti par l’assureur sur la base de l’épargne du contrat.

L’assureur dispose d’un délai de deux mois pour verser les sommes demandées. Sur les unités de compte, le montant récupéré dépend de la valeur des supports au moment du rachat.

Comment reconnaître un bon contrat ?

  • Les frais : sur versement, de gestion annuels, d’arbitrage. Un écart de frais annuels, même faible en apparence, se cumule sur toute la durée du contrat.
  • La qualité du fonds en euros : ses performances passées et ses éventuelles conditions d’accès (part minimale d’unités de compte, par exemple).
  • Le choix de supports : diversité des fonds, présence d’ETF, de supports immobiliers.
  • La souplesse : versements libres ou programmés, arbitrages en ligne.
  • La clause bénéficiaire : sa rédaction doit refléter vos souhaits et être mise à jour en cas de changement familial.

Si vous hésitez entre ce placement et la pierre, notre comparatif assurance vie et placement immobilier : lequel choisir ? présente leurs différences. Pour investir en actions avec une autre fiscalité, le PEA peut être complémentaire. Pour un conseil tenant compte de l’ensemble de votre situation, adressez-vous à un conseiller en gestion de patrimoine ou à un notaire, notamment pour les questions de transmission.

Questions fréquentes

L’assurance vie est-elle un placement sans risque ?

Seul le fonds en euros garantit le capital, par l’assureur. Les unités de compte exposent à une perte en capital, puisque leur valeur suit les marchés. Le niveau de risque dépend donc de la répartition choisie.

Faut-il attendre 8 ans pour récupérer son argent ?

Non, l’épargne est disponible à tout moment par un rachat partiel ou total. Les huit ans conditionnent seulement une fiscalité plus favorable sur les gains retirés, avec un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple.

Quels prélèvements sociaux s’appliquent aux gains ?

Les gains sont soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %, en plus de l’impôt sur le revenu dû lors d’un rachat. Les taux en vigueur sont indiqués sur service-public.gouv.fr.

Peut-on avoir plusieurs contrats d’assurance vie ?

Oui, il n’existe pas de limite au nombre de contrats. Ouvrir un contrat tôt, même avec un petit versement, permet de faire courir le délai de huit ans, et plusieurs contrats peuvent répondre à des objectifs différents.

Qui touche l’argent en cas de décès ?

Les bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire du contrat. Cette clause se rédige librement et peut en principe être modifiée ; un notaire ou un conseiller peut vous aider à la formuler selon vos souhaits.

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