La médiumnité ne se limite plus, dans l’offre actuelle, à transmettre des messages de défunts. Une partie des praticiens la présente comme un accompagnement : relire son histoire, repérer des répétitions, mettre des mots sur un mal-être. Cet article décrit ce que propose ce type de démarche, à partir de l’exemple d’un praticien suisse, puis donne des critères pour l’évaluer et en connaître les limites.
Que signifient clairvoyance et médiumnité dans ce contexte ?
Dans le vocabulaire des praticiens, la clairvoyance désigne la perception supposée d’images ou d’informations sans passer par les sens, et la clairaudience la perception supposée de paroles ou de sons. La médiumnité renvoie au rôle d’intermédiaire avec les défunts ou les « esprits ». Aucune de ces capacités n’a été confirmée par des tests contrôlés ; les chercheurs expliquent l’impression de justesse par la lecture à froid (indices tirés du comportement et des réactions), par les formulations générales dans lesquelles chacun se reconnaît et par la mémoire sélective.
Appliquée au développement personnel, la médiumnité est présentée comme un moyen de faire émerger des thèmes (peurs, loyautés familiales, deuils non faits) que la personne travaille ensuite. Pour les différences de vocabulaire, voir notre article sur voyance et médiumnité, deux domaines différents.
Comment se déroule une consultation chez Olivier Lagardère ?
D’après les informations publiées sur son site, Olivier Lagardère se présente comme médium suisse et international. Le processus décrit est le suivant :
- Demande par formulaire : la personne remplit un formulaire de contact en évitant de donner des explications sur sa situation, pour ne pas l’influencer. Les demandes par SMS ou messageries ne reçoivent pas de réponse.
- Premier contact téléphonique : le praticien indique qu’il décide à ce moment si une consultation est nécessaire ou non, et dit privilégier les personnes qui traversent de réelles difficultés.
- Séance d’environ 1 heure à 1 h 15, en cabinet (le site cite Genève et Lausanne) ou par téléphone, réglée avant la consultation. Elle commence par une phase d’environ 45 minutes sans interruption, durant laquelle il dit recevoir des messages en clairvoyance et clairaudience, en regardant la personne dans les yeux ou à partir d’une photo.
- Temps de questions : la personne peut ensuite interroger le praticien sur ce qui a été dit.
Son site évoque les liens familiaux, le transgénérationnel et une « déprogrammation cellulaire ». Il précise aussi : « Je ne suis pas Dieu, ni magicien et encore moins médecin », et indique qu’une personne souffrant d’un grave problème de santé doit s’adresser au corps médical. Pour le détail de son approche, consultez directement la présentation de sa pratique de clairvoyance et médiumnité.
Que vaut l’approche « transgénérationnelle » ?
L’idée que des traumatismes, secrets ou conflits vécus par les ascendants expliqueraient les difficultés d’une personne est au cœur de la psychogénéalogie, développée dans les années 1970, notamment par Anne Ancelin Schützenberger. Cette approche est très populaire, mais elle n’a pas fait la preuve de son efficacité ni de ses bases scientifiques : ses défenseurs s’appuient surtout sur des témoignages. Ses critiques pointent aussi le risque de faux souvenirs et d’interprétations imposées à la personne.
Parler de son histoire familiale peut néanmoins aider à prendre du recul. La différence tient au cadre : un psychologue ou un psychothérapeute formé travaille avec ce que la personne apporte, sans affirmer « percevoir » des événements qu’elle ignore. Une révélation invérifiable sur un ancêtre, présentée comme la cause d’une souffrance, peut au contraire créer de la confusion ou de la culpabilité.
Comment évaluer ce type d’accompagnement ?
| Critère | Ce qui rassure | Ce qui doit alerter |
|---|---|---|
| Santé | Renvoi explicite vers un médecin ou un psychologue | Promesse de guérir, de « déprogrammer » une maladie, conseil d’arrêter un traitement |
| Prix | Tarif affiché, séance unique, pas d’obligation de revenir | Séances en série, achats de rituels ou de protections |
| Titres | Qualifications vérifiables | Titres flous (« thérapeute », « énergéticien ») sans formation identifiable |
| Relation | Liberté de poser des questions, de douter, d’arrêter | Dépendance, isolement, culpabilisation |
| Contenu | Pistes de réflexion laissées à votre appréciation | Affirmations présentées comme certaines sur votre passé ou votre avenir |
En Suisse, seuls certains titres de la psychologie sont protégés par la loi fédérale sur les professions de la psychologie (par exemple « psychothérapeute reconnu au niveau fédéral » ou « psychologue clinicien reconnu au niveau fédéral ») ; leurs titulaires figurent dans le registre public PsyReg de l’Office fédéral de la santé publique. Avant de confier un travail psychologique à quelqu’un, vérifiez ses qualifications dans ce registre ou demandez-lui ses diplômes.
Dans quels cas consulter plutôt un professionnel de santé ?
Une consultation médiumnique ne doit pas être la réponse à une détresse psychique, à des idées noires, à une douleur persistante ou à une maladie. Ces situations relèvent d’un médecin, d’un psychiatre ou d’un psychologue. Pour découvrir une approche psychothérapeutique reconnue qui travaille aussi sur le vécu et les émotions, voyez notre article sur le métier de psychologue en Gestalt-thérapie.
Si vous souhaitez plutôt explorer votre intuition de façon autonome, notre article sur le développement de l’intuition par la médiumnité propose des exercices et des repères de prudence. Et si une relation avec un praticien ou un groupe vous semble devenir une emprise, le Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC), à Genève, et la Miviludes, en France, peuvent être contactés.
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Questions fréquentes
La clairvoyance est-elle reconnue scientifiquement ?
Non. Aucune étude contrôlée n’a démontré qu’une personne pouvait percevoir des informations sans passer par les sens. L’impression de justesse s’explique généralement par la lecture à froid, les formulations générales et la mémoire sélective.
Combien de temps dure une consultation chez Olivier Lagardère ?
Selon son site, une séance dure environ 1 heure à 1 h 15, dont une première phase d’environ 45 minutes sans interruption, suivie d’un temps de questions. Elle se tient en cabinet ou par téléphone, après un premier contact téléphonique où le praticien décide si la consultation est nécessaire.
Une séance de médiumnité peut-elle remplacer une thérapie ?
Non. Elle ne s’appuie sur aucune méthode validée et le praticien cité rappelle lui-même qu’il n’est pas médecin. Pour une souffrance psychique ou un problème de santé, consultez un médecin, un psychiatre ou un psychologue.
Le travail transgénérationnel est-il fiable ?
La psychogénéalogie, qui attribue des difficultés actuelles à l’histoire des ascendants, n’a pas démontré son efficacité ni ses bases scientifiques. Réfléchir à son histoire familiale peut aider, mais méfiez-vous des révélations invérifiables présentées comme certaines.
Comment vérifier le titre d’un psychologue en Suisse ?
Les titres fédéraux protégés, comme psychothérapeute ou psychologue clinicien reconnu au niveau fédéral, peuvent être vérifiés dans le registre PsyReg de l’Office fédéral de la santé publique. En cas de doute, demandez au praticien ses diplômes et l’organisme qui les a délivrés.

