Le Japon ne se limite pas à Tokyo et à ses néons. Montagnes sacrées, forêts de bambous et îles liées au shintoïsme comptent parmi les images les plus fortes d’un voyage dans l’archipel. Ce guide présente trois sites naturels emblématiques, avec pour chacun ce qu’il faut savoir avant d’y aller : saison, accès, affluence et erreurs courantes.
Pourquoi ces trois sites plutôt que d’autres ?
Le Japon compte bien d’autres merveilles naturelles, des Alpes japonaises aux îles d’Okinawa. Le mont Fuji, Arashiyama et Miyajima ont toutefois un avantage pour un premier séjour au Japon : ils se trouvent sur ou près de l’axe Tokyo–Kyoto–Hiroshima que suivent la plupart des itinéraires. Chacun offre aussi une expérience différente, de l’effort physique à la simple contemplation.
| Site | Région | Type d’expérience | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Mont Fuji | Entre les préfectures de Yamanashi et de Shizuoka | Ascension estivale ou observation depuis les environs | Saison courte, règles d’accès, météo changeante |
| Bambouseraie d’Arashiyama | Ouest de Kyoto | Promenade courte, photographie | Très forte affluence en journée |
| Miyajima (Itsukushima) | Baie de Hiroshima, ville de Hatsukaichi | Sanctuaire, randonnée, panorama | Aspect du torii selon la marée |
Comment découvrir le mont Fuji : ascension ou simple observation ?
Avec ses 3 776 mètres, le Fuji est le point culminant du Japon. Son inscription au patrimoine mondial, en 2013, s’est faite sous l’intitulé « Fujisan, lieu sacré et source d’inspiration artistique » : c’est d’abord un bien culturel, lié au pèlerinage et à l’art japonais, et pas seulement un sommet.
Gravir le Fuji
L’ascension se fait en été, principalement en juillet et en août, période durant laquelle les sentiers sont ouverts et les bus desservant les points de départ circulent. Les dates exactes varient selon les sentiers et les années : consultez le site officiel de l’ascension (fujisan-climb.jp) avant de réserver quoi que ce soit.
Les règles ont évolué récemment. Depuis 2024, la préfecture de Yamanashi impose un droit d’accès obligatoire sur le sentier Yoshida, le plus fréquenté, avec un plafond quotidien de randonneurs et une fermeture de la porte d’accès en fin d’après-midi et la nuit, sauf pour les personnes ayant réservé un refuge. La préfecture de Shizuoka applique des horaires de fermeture comparables sur ses sentiers (Subashiri, Gotemba, Fujinomiya). Ces mesures visent à limiter les montées de nuit sans pause, appelées « bullet climbing », qui exposent au mal de l’altitude et à l’épuisement.
- Choisissez votre sentier et vérifiez ses dates d’ouverture de l’année.
- Réservez une nuit en refuge si vous souhaitez voir le lever du soleil au sommet.
- Prévoyez des vêtements chauds et imperméables : il fait froid au sommet, même en août.
- Montez progressivement pour laisser au corps le temps de s’adapter à l’altitude.
- Renoncez si la météo se dégrade : le sommet reste un milieu de haute montagne.
Admirer le Fuji sans le gravir
La majorité des visiteurs se contentent de l’observer, ce qui est possible toute l’année. La région des cinq lacs, au nord de la montagne, offre des points de vue réputés, et le sommet est visible depuis Tokyo par temps clair. Le Fuji se cache souvent dans les nuages : prévoyez de la souplesse dans votre programme plutôt qu’une seule journée d’observation.
Quand visiter la bambouseraie d’Arashiyama pour éviter la foule ?
Arashiyama est un quartier de l’ouest de Kyoto, connu pour le pont Togetsukyō, ses vues sur les cerisiers et les érables, et sa forêt de bambous de Sagano. Les allées traversant les bambous se trouvent près du temple Tenryū-ji, temple principal de l’une des branches de l’école zen Rinzai. Le quartier se rejoint en train depuis la gare de Kyoto (ligne JR Sagano), puis à pied.
Le principal défaut du site tient à sa célébrité : les allées sont courtes et saturées en journée. Arriver au lever du jour change complètement l’expérience, pour la photographie comme pour le calme. Le quartier est aussi le plus fréquenté début avril et dans la seconde moitié de novembre, au pic des cerisiers et des couleurs d’automne.
Pour ne pas réduire la visite à quelques minutes dans la bambouseraie, élargissez le parcours :
- la villa Ōkōchi Sansō, ancienne demeure de l’acteur Denjirō Ōkōchi, dont les jardins s’étendent derrière les bambous ;
- les jardins du Tenryū-ji ;
- le parc aux singes d’Iwatayama, sur les hauteurs, où vivent des macaques sauvages habitués aux visiteurs ;
- les berges de la rivière, appelée Hozu dans son cours moyen, que l’on peut longer à pied ou à vélo de location.
Que voir sur l’île sacrée de Miyajima ?
Miyajima est le nom courant de l’île d’Itsukushima, dans la baie de Hiroshima. Elle doit sa réputation au sanctuaire shintô d’Itsukushima et à son grand torii planté dans la mer, dont une porte se trouve à cet emplacement depuis 1168 ; la structure actuelle date de 1875. Pour comprendre la place de l’île sacrée de Miyajima dans la culture japonaise, il faut garder en tête que le site associe étroitement la mer, la montagne et le sanctuaire.
L’accès se fait en ferry depuis la gare de Miyajimaguchi, et la traversée offre déjà une belle approche du torii. Consultez les horaires de marée avant de partir : le torii semble flotter à marée haute, alors qu’à marée basse on peut s’en approcher à pied. Les deux spectacles se valent, mais ils ne se vivent pas au même moment.
Pour la nature, montez au mont Misen, point culminant de l’île à environ 535 mètres, à pied ou par téléphérique. Le sommet offre un panorama sur la mer intérieure de Seto. Une journée suffit pour le sanctuaire et le sommet ; une nuit sur l’île permet de profiter du site une fois les excursionnistes repartis.
Comment organiser ces trois étapes dans un même voyage ?
Les trois sites s’enchaînent d’est en ouest : le Fuji depuis Tokyo, Arashiyama depuis Kyoto, Miyajima depuis Hiroshima. Le train à grande vitesse relie ces villes, ce qui permet d’intégrer les trois sans détour important. Si vous aimez marcher, la randonnée pédestre en famille trouve au Japon des sentiers bien balisés, du mont Misen aux abords des lacs du Fuji.
Trois erreurs reviennent souvent :
- programmer l’ascension du Fuji hors saison ou sans vérifier les règles d’accès de l’année ;
- arriver à Arashiyama en milieu de journée, au moment où les groupes sont les plus nombreux ;
- ignorer les marées à Miyajima, et découvrir le torii sous un angle qu’on n’attendait pas.
Pour les amateurs d’images, ces paysages se prêtent à la photographie de nature ; notre article sur la nature au cœur de l’art photographique donne des pistes de composition. Et avant un long voyage, pensez aussi à protéger votre logement contre le cambriolage pendant vos vacances.
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Questions fréquentes
Quelle est la meilleure période pour gravir le mont Fuji ?
L’ascension se fait l’été, surtout en juillet et en août, quand les sentiers sont officiellement ouverts. Les dates précises varient selon les sentiers et les années. Vérifiez-les sur le site officiel de l’ascension avant de réserver.
Faut-il payer pour monter au mont Fuji ?
Oui sur le sentier Yoshida, où la préfecture de Yamanashi impose un droit d’accès obligatoire depuis 2024, avec un nombre maximal de randonneurs par jour. Les sentiers du côté de Shizuoka ont aussi adopté des règles d’accès. Le montant et les conditions pouvant changer, consultez les informations officielles de l’année.
Où se trouve la bambouseraie d’Arashiyama ?
Elle se trouve dans le quartier d’Arashiyama, à l’ouest de Kyoto, près du temple Tenryū-ji. On y accède en train depuis la gare de Kyoto puis à pied. Le lever du jour est le moment le plus calme pour la parcourir.
Pourquoi Miyajima est-elle considérée comme sacrée ?
L’île abrite le sanctuaire shintô d’Itsukushima, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1996. Son grand torii dans la mer en est le symbole. Il paraît flotter à marée haute et devient accessible à pied à marée basse.
Peut-on visiter Miyajima en une journée ?
Oui, l’île se rejoint en ferry depuis Miyajimaguchi, près de Hiroshima. Une journée permet de voir le sanctuaire et de monter au mont Misen à pied ou en téléphérique. Une nuit sur place laisse profiter de l’île plus au calme.

