« Ma cheminée ne sert presque pas », « mon poêle est récent », « je me chauffe au gaz, il n’y a pas de suie » : ces raisons de repousser le ramonage reviennent souvent. Elles reposent sur une idée fausse, celle d’un entretien identique pour toutes les installations et utile seulement quand on voit de la suie. Voici, appareil par appareil, ce que le ramoneur contrôle et les erreurs propres à chaque type d’équipement.
Pourquoi le ramonage diffère-t-il selon l’installation ?
Trois éléments conditionnent la façon de ramoner : le combustible (bûches, granulés, gaz, fioul), qui détermine la nature des dépôts ; l’appareil, plus ou moins étanche et plus ou moins facile à démonter ; et le conduit lui-même. Un conduit maçonné ancien, un conduit rénové par tubage en inox et un conduit métallique double paroi ne se brossent pas avec les mêmes hérissons : une brosse trop agressive peut rayer ou déformer un tubage.
Sur le plan réglementaire, le principe est commun : les conduits de fumée doivent être entretenus, et la fréquence est fixée par le règlement sanitaire de votre département, parfois complété par un arrêté municipal. Ces textes relèvent de la politique du logement et de la santé publique ; le site vie-publique présente par exemple les missions du Ministère du Logement. Pour la règle précise qui vous concerne, interrogez votre mairie ou consultez service-public.fr.
Comment ramoner une cheminée à foyer ouvert ?
Le foyer ouvert est la configuration la plus simple d’accès : le ramoneur travaille par le bas, depuis l’âtre, ou par le haut depuis la toiture si le conduit est droit et la souche accessible. C’est aussi une installation qui brûle beaucoup de bois pour peu de chaleur restituée, avec une combustion souvent incomplète qui charge le conduit.
Points de vigilance :
- le clapet ou la trappe de fermeture, qui doit fonctionner et ne pas retenir de dépôts ;
- l’avaloir (la partie qui rétrécit au-dessus du foyer), où la suie s’accumule ;
- la présence de débris ou de nids si la cheminée n’a pas servi depuis longtemps ;
- l’état des joints de briques et du conduit dans les combles.
Que change un insert ou un poêle à bois ?
Un foyer fermé ou un poêle à bûches offre un bien meilleur rendement, mais il fonctionne souvent au ralenti, arrivée d’air réduite, pour prolonger la flambée. Ce régime produit des goudrons et de la créosote, un dépôt dur et très inflammable. Une vitre qui noircit vite en est souvent le premier signe.
Le ramoneur doit en général déposer ou ouvrir certains éléments de l’appareil (déflecteur, buse de raccordement) pour accéder au conduit, qui est fréquemment tubé. Il vérifie aussi le raccordement entre l’appareil et le conduit, point sensible en matière d’étanchéité. Si la créosote est durcie, un simple brossage ne suffit pas : il peut proposer un débistrage, à faire chiffrer à part.
Le combustible pèse lourd dans l’encrassement : un bois humide multiplie les dépôts. Nos critères pour bien choisir son bois de chauffage vous aideront à limiter ce problème.
Poêle à granulés, gaz, fioul : faut-il aussi ramoner ?
Oui. Moins de suie visible ne signifie pas absence de risque : un conduit partiellement obstrué empêche l’évacuation des fumées et peut entraîner un refoulement de monoxyde de carbone, gaz inodore et mortel.
| Installation | Dépôts principaux | Points contrôlés en plus du conduit | Erreur fréquente |
|---|---|---|---|
| Foyer ouvert | Suie, goudrons | Avaloir, clapet, souche | Croire qu’une cheminée peu utilisée n’a pas besoin d’entretien |
| Insert, poêle à bûches | Goudrons, créosote | Déflecteur, raccordement, étanchéité | Faire tourner l’appareil au ralenti avec du bois humide |
| Poêle à granulés | Cendres fines, suie | Entretien de l’appareil selon la notice du fabricant | Confondre le nettoyage quotidien du brûleur et le ramonage |
| Chaudière gaz | Poussières, débris, parfois condensats | Entretien de la chaudière, soumis à sa propre obligation | Penser que le gaz dispense de tout ramonage |
| Chaudière fioul | Suie grasse | Entretien de la chaudière et du brûleur | Repousser l’entretien tant que la chaudière fonctionne |
Pour les chaudières, l’entretien de l’appareil et le ramonage du conduit sont deux opérations distinctes, parfois réalisées par le même professionnel lors d’une seule visite. Demandez que chacune figure clairement sur l’attestation remise.
Qui doit intervenir et comment préparer la visite ?
Pour tout appareil fermé, tubé ou raccordé à une chaudière, faites appel à un professionnel du ramonage : il connaît les méthodes adaptées à chaque matériau et remet un certificat de ramonage, que votre assureur peut réclamer après un sinistre. Vérifiez son immatriculation, son assurance professionnelle et ses qualifications auprès des organismes qui les délivrent. En Essonne, vous pouvez par exemple solliciter ce ramoneur dans le 91.
Pour préparer son passage :
- Laissez l’appareil refroidir complètement : ne faites pas de feu la veille.
- Dégagez l’accès au foyer et, si possible, aux combles et à la trappe de visite.
- Rassemblez la notice de l’appareil et le dernier certificat de ramonage.
- Signalez les anomalies observées : refoulements, odeurs, bruits, vitre qui noircit.
- Relisez le certificat avant de le signer et conservez-le avec vos papiers d’assurance.
Le déroulé détaillé d’une intervention, la question de qui paie dans un logement loué et les signes d’alerte sont développés dans notre article quelques points à savoir sur le ramonage de cheminée. Pensez aussi à faire contrôler la souche de cheminée lors d’un nettoyage de toiture : fissures et solins dégradés provoquent des infiltrations autour du conduit.
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Questions fréquentes
Le ramonage est-il obligatoire pour tous les types de cheminées ?
Les conduits raccordés à un appareil de chauffage en service doivent être entretenus, quel que soit le combustible. Le nombre de ramonages exigés par an dépend du règlement sanitaire départemental et des arrêtés locaux. Renseignez-vous auprès de votre mairie.
Un poêle à granulés récent doit-il être ramoné ?
Oui, l’âge de l’appareil ne dispense pas du ramonage du conduit. En plus, le fabricant prévoit un entretien périodique de l’appareil lui-même, décrit dans la notice. Le nettoyage quotidien du creuset par l’utilisateur ne remplace ni l’un ni l’autre.
Pourquoi ma vitre d’insert noircit-elle si vite ?
Le plus souvent, le bois est trop humide ou l’appareil fonctionne trop longtemps avec l’arrivée d’air fermée. Ces conditions produisent aussi des goudrons dans le conduit. Si le problème persiste avec du bois sec, faites vérifier le tirage par un professionnel.
Quand programmer le ramonage ?
De nombreux professionnels recommandent la fin de la saison de chauffe, lorsque les dépôts sont récents et les plannings moins chargés. Si votre règlement impose plusieurs passages par an, l’un d’eux se fait pendant la période d’utilisation. Anticipez la prise de rendez-vous avant l’automne.
Le ramonage d’une chaudière gaz remplace-t-il son entretien ?
Non, ce sont deux opérations différentes. L’entretien porte sur le réglage et la sécurité de la chaudière, le ramonage sur le conduit d’évacuation. Demandez au professionnel de préciser sur l’attestation ce qui a été réalisé.

