Tenue des comptes, bilan, déclarations de TVA, paie, conseil sur le statut ou la rémunération du dirigeant : un cabinet comptable intervient sur des sujets qui engagent la santé financière de l’entreprise. Pourtant, beaucoup de dirigeants le choisissent sur le seul prix ou sur une recommandation rapide. Voici les critères objectifs pour comparer plusieurs cabinets, les questions à poser lors du premier rendez-vous et les signaux qui doivent alerter.
Que fait réellement un cabinet d’expertise comptable ?
Le cœur du métier est défini par l’ordonnance du 19 septembre 1945 : seul un expert-comptable inscrit à l’Ordre peut tenir, surveiller, arrêter les comptes d’une entreprise avec laquelle il n’est pas lié par un contrat de travail, et attester de leur régularité et de leur sincérité. Autour de cette mission, la plupart des cabinets proposent :
- la tenue ou la révision de la comptabilité et l’établissement des comptes annuels ;
- les déclarations fiscales (TVA, liasse fiscale, impôt sur les sociétés ou sur le revenu) ;
- le social : bulletins de paie, déclarations sociales, contrats de travail ;
- le conseil : choix du statut juridique, rémunération du dirigeant, prévisionnel, recherche de financement ;
- l’accompagnement à la création, à la cession ou à la transmission d’entreprise.
Tous les cabinets ne couvrent pas ces domaines avec la même profondeur. Un cabinet très orienté production (saisie, bilan) peut suffire à un indépendant dont l’activité est simple ; une PME qui embauche ou prépare une levée de fonds aura besoin d’un interlocuteur plus orienté conseil.
Comment vérifier qu’un cabinet est habilité ?
Le titre d’expert-comptable est protégé. Le Conseil national de l’Ordre tient un annuaire à jour des professionnels inscrits, accessible sur annuaire.experts-comptables.org. Avant toute signature, vérifiez que la personne qui dirigera votre dossier y figure bien, ainsi que la société d’expertise comptable.
Méfiez-vous des offres de « comptable indépendant » qui proposent de tenir et d’arrêter vos comptes sans être inscrit : ce n’est pas autorisé. Un prestataire absent de l’annuaire peut être signalé à l’Ordre via le formulaire prévu à cet effet sur son site.
Quels critères comparer entre plusieurs cabinets ?
Rencontrez au moins deux ou trois cabinets et comparez-les sur une même grille.
| Critère | Questions à poser | Signal positif |
|---|---|---|
| Expérience sectorielle | Combien de clients dans votre secteur ? Quelles spécificités connaissent-ils ? | Exemples précis sur votre activité (TVA particulière, stocks, chantiers…) |
| Interlocuteur | Qui suit le dossier au quotidien ? L’expert-comptable signataire est-il joignable ? | Un collaborateur attitré et un expert identifié |
| Outils | Quel logiciel ? Comment transmettre les pièces ? Accès en ligne aux comptes ? | Dépôt dématérialisé, rapprochement bancaire automatisé |
| Délais | Sous quel délai répondez-vous ? Quand le bilan est-il livré ? | Engagements écrits dans la lettre de mission |
| Honoraires | Forfait ou temps passé ? Qu’est-ce qui est facturé en plus ? | Liste claire des prestations incluses et hors forfait |
| Conseil | Un point annuel est-il prévu ? Un prévisionnel ? | Rendez-vous de bilan et d’arbitrage programmés |
La proximité géographique compte-t-elle encore ?
Avec la dématérialisation des pièces, un cabinet à distance peut tout à fait suivre un dossier. La proximité reste utile pour les rendez-vous de bilan, les entreprises qui manipulent beaucoup de documents papier ou les dirigeants qui préfèrent un échange en face à face. Une société implantée dans les Hauts-de-Seine pourra ainsi privilégier un cabinet comptable 92, à condition qu’il réponde aussi aux autres critères du tableau.
Que doit contenir la lettre de mission ?
La lettre de mission est obligatoire. Elle est prévue par les textes qui encadrent la profession (ordonnance de 1945, décret du 30 mars 2012 et son arrêté d’application) et constitue le contrat entre vous et le cabinet. Lisez-la avant de signer en vérifiant les points suivants :
- la nature et l’étendue de la mission : tenue ou simple révision, établissement des comptes, déclarations fiscales, social, juridique annuel ;
- la répartition des tâches : ce que vous fournissez (pièces, relevés, inventaire), sous quels délais et sous quelle forme ;
- les honoraires : montant ou mode de calcul, périodicité de facturation, travaux exceptionnels facturés en sus ;
- la durée et les conditions de résiliation : reconduction, préavis, restitution des documents ;
- le calendrier : dates de remise des comptes et des déclarations.
Le texte rappelle aussi que le client reste responsable du respect de ses obligations légales : le cabinet exécute la mission définie, il ne se substitue pas au dirigeant.
Combien coûte un expert-comptable ?
Il n’existe pas de barème officiel. Selon l’article 158 du décret du 30 mars 2012, les honoraires sont librement fixés entre l’expert-comptable et son client ; ils ne peuvent pas être déterminés en fonction des résultats financiers du client, sauf pour des missions extérieures au cœur du métier. Le prix dépend du volume de pièces, de la qualité de l’organisation interne, du nombre de salariés et de l’étendue du conseil.
Pour comparer des devis, ramenez-les à un périmètre identique : un forfait bas qui exclut la paie, le juridique annuel ou les rendez-vous de conseil peut revenir plus cher qu’une offre complète. Préparer soi-même une partie du travail (classement des pièces, rapprochement bancaire) réduit généralement la facture. Les micro-entrepreneurs, qui ont des obligations comptables allégées, n’ont pas toujours besoin d’un cabinet ; notre guide pour vendre ses bougies en auto-entrepreneur en donne un exemple concret de démarches.
Quels signaux doivent vous alerter ?
- pas de lettre de mission, ou une lettre vague sur le périmètre ;
- un interlocuteur qui change à chaque échéance ;
- des déclarations transmises à la dernière minute, sans vous être soumises ;
- des réponses systématiquement tardives ou un jargon sans explication ;
- un professionnel introuvable dans l’annuaire de l’Ordre.
Si un différend survient sur l’exécution de la mission ou les honoraires, le conseil régional de l’Ordre dont dépend le cabinet peut être saisi pour une conciliation. Pour une entreprise établie en Belgique, le cadre est différent : consultez notre présentation du métier d’expert-comptable en Belgique. Les entreprises du bâtiment trouveront aussi des repères utiles dans notre article sur la comptabilisation des recettes de chantier.
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Questions fréquentes
Un expert-comptable est-il obligatoire pour une entreprise ?
Non, aucune règle générale n’impose de recourir à un expert-comptable. En revanche, si vous confiez la tenue ou l’arrêté de vos comptes à un professionnel extérieur, il doit être inscrit à l’Ordre des experts-comptables.
Comment savoir si un expert-comptable est bien inscrit à l’Ordre ?
Consultez l’annuaire officiel tenu par le Conseil national de l’Ordre, sur annuaire.experts-comptables.org. Si le professionnel n’y figure pas, vous pouvez le signaler à l’Ordre.
Les honoraires d’un expert-comptable sont-ils réglementés ?
Ils sont librement fixés entre le cabinet et le client, sans barème officiel. Ils ne peuvent toutefois pas dépendre des résultats financiers du client pour les missions du cœur de métier.
Peut-on changer de cabinet comptable en cours d’exercice ?
Oui, dans le respect des conditions de résiliation et du préavis prévus par la lettre de mission. Organisez la transmission du dossier avec le nouveau cabinet pour éviter toute rupture dans les déclarations.
Que faire en cas de litige avec son expert-comptable ?
Commencez par un échange écrit avec le cabinet en vous appuyant sur la lettre de mission. En l’absence d’accord, le conseil régional de l’Ordre dont dépend le cabinet peut organiser une conciliation.
